27 novembre 2006
29 octobre 2006
14 avril 2006
Holbein

Je me souviens de ce tableau de Holbein au musée de Bale, "Le Christ au tombeau", un homme mort dans son tombeau, c'est le Christ dans son tombeau vue sur la tranche, le tableau et le tombeau sont larges de 2 mètres, hauts de 3O centimètres, accroché à hauteur des yeux dans ce musée de Bale. Dostoïevski, a écrit qu' un tel tableau pouvait faire perdre la foi.
17 février 2006
Andalousie
Je me souviens de la statue de Rilke dans les jardins de l'hotel Reine Victoria de Ronda en Andalousie, et de ce texte "Les vers ne sont pas, comme certains croient, des sentiments (on les a toujours assez tôt), ce sont des expériences. Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d'hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s'ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l'on voyait longtemps approcher, à des jours d'enfance dont le mystère ne s'est pas encore éclairci, à ses parents qu'il fallait qu'on froissât lorsqu'ils vous apportaient une joie et qu'on ne la comprenait pas (c'était une joie faite pour un autre), à des maladies d'enfance qui commençaient si singulièrement par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles, — et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d'amour, dont aucune ne ressemblait à l'autre, de cris de femmr hurlant en mal d'enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être mité assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à coups. Et il ne suffit même pas d'avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d'attendre qu'ils reviennent. Car les souvenirs eux mêmes ne sont pas encore cela. Ce n'est que lorsqu'ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu'ils n'ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n'est qu'alors qu'il peut arriver qu'en une heure très rare, du milieu d'eux, se lève le premier mot d'un vers." Rilke, Les Cahiers de Malte Laurids Brigge
Petit pan de mur jaune
Je me souviens que M. était là, morte, et que P.lisait ce Petit pan de mur jaune:
«Enfin il fut devant le Ver Meer, qu'il se rappelait plus éclatant, plus différent de tout ce qu'il connaissait, mais où, grâce à l'article du critique, il remarqua pour la première fois des petits personnages en bleu, que le sable était rose, et enfin la précieuse matière du tout petit pan de mur jaune. Ses étourdissements augmentaient; il attachait son regard, comme un enfant à un papillon jaune qu'il veut saisir, au précieux petit pan de mur. «C'est ainsi que j'aurais dû écrire, disait-il. Mes derniers livres sont trop secs, il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse, comme ce petit pan de mur jaune.» Cependant la gravité de ses étourdissements ne lui échappait pas. Dans une céleste balance lui apparaissait, chargeant l'un des plateaux, sa propre vie, tandis que l'autre contenait le petit pan de mur si bien peint en jaune. Il sentait qu'il avait imprudemment donné la première pour le second. «Je ne voudrais pourtant pas, se dit-il, être pour les journaux du soir le fait divers de cette exposition.»
Il se répétait: "Petit pan de mur jaune avec un auvent, petit pan de mur jaune." Cependant il s'abattit sur un canapé circulaire; aussi brusquement il cessa de penser que sa vie était en jeu et, revenant à l'optimisme, se dit: "C'est une simple indigestion que m'ont donnée ces pommes de terre pas assez cuites, ce n'est rien." Un nouveau coup l'abattit, il roula du canapé par terre, où accoururent tous les visiteurs et gardiens. Il était mort. »
«Enfin il fut devant le Ver Meer, qu'il se rappelait plus éclatant, plus différent de tout ce qu'il connaissait, mais où, grâce à l'article du critique, il remarqua pour la première fois des petits personnages en bleu, que le sable était rose, et enfin la précieuse matière du tout petit pan de mur jaune. Ses étourdissements augmentaient; il attachait son regard, comme un enfant à un papillon jaune qu'il veut saisir, au précieux petit pan de mur. «C'est ainsi que j'aurais dû écrire, disait-il. Mes derniers livres sont trop secs, il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse, comme ce petit pan de mur jaune.» Cependant la gravité de ses étourdissements ne lui échappait pas. Dans une céleste balance lui apparaissait, chargeant l'un des plateaux, sa propre vie, tandis que l'autre contenait le petit pan de mur si bien peint en jaune. Il sentait qu'il avait imprudemment donné la première pour le second. «Je ne voudrais pourtant pas, se dit-il, être pour les journaux du soir le fait divers de cette exposition.»
Il se répétait: "Petit pan de mur jaune avec un auvent, petit pan de mur jaune." Cependant il s'abattit sur un canapé circulaire; aussi brusquement il cessa de penser que sa vie était en jeu et, revenant à l'optimisme, se dit: "C'est une simple indigestion que m'ont donnée ces pommes de terre pas assez cuites, ce n'est rien." Un nouveau coup l'abattit, il roula du canapé par terre, où accoururent tous les visiteurs et gardiens. Il était mort. »
08 janvier 2006
Image
Je me souviens de "Ce n'est pas une image juste, ce n'est juste qu'une image" de Jean-Luc Godard, et de toutes les phrases de Jean-Luc Godard que j'ai oubliées.
07 janvier 2006
Penser/Classer
Je me souviens que le livre, Penser/Classer, de Georges Perec, est paru en 1985, soit trois ans après sa mort, et qu'avant de l'ouvrir, j'en aimais l'idée, ce penser/classer.
22 décembre 2005
Westminster, Paris, Claridge, Londres
je me souviens, au moment où, au bar du Westminster, rue de la Paix, à Paris, elle dit au garçon : « je crois que je vais prendre le Rémy-Martin », que c’est elle qui m’a emmené au bar du Claridge à Londres, elle y avait dit : « i think i will take the Absolute, on ice. », et dans des tas d’autres bars aussi.
07 décembre 2005
Caîn
Je me souviens de "échevelé, livide au milieu des tempêtes", de "ils se battent, combat terrible, corps à corps", de"tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux, les voilà", de "c'est ainsi que Roland épousa la belle Aude", et que l'oeil était toujours dans la tombe en train de regarder Caîn.
27 novembre 2005
Vieillir
Je me souviens de "On est pas contre les vieux, on est contre ce qui les a fait vieillir", en bas d'un tract que je distribuais, sur lequel il y avait aussi une guitare barrée par un fusil, qui devait être signé FLJ, front de libération de la jeunesse, que c'était l'époque de Tout, ce que nous voulons: Tout, et que je devais avoir 16 ans.
04 novembre 2005
Noli me tangere
Je me souviens que dans cette histoire de "Noli me tangere", qui doit pouvoir se lire: Ne me retiens pas, j'en lisais au contraire la dénégation, et tout le désir: retiens moi, empêche moi de m'envoler.
retiens moi encore. prends moi dans tes bras.
retiens moi encore. prends moi dans tes bras.
Festina lente
Je me souviens de ce bar d'Amsterdam près d'un petit canal et qui s'appellait Festina lente, hâte toi lentement.
02 novembre 2005
Des êtres se rencontrent
Je me souviens de ce titre: "des êtres se rencontrent et une douce musique s'élève dans leur coeur", et du livre aussi, et que c'était d'August Schade.
Consolation
Je me souviens de ce livre: "Notre besoin de consolation est impossible à rassasier", de Stig Dagerman.


